Une improbable auberge espagnole

Nous avons rendez-vous avec Vahini à l’île de Tapana (18° 42.6901 S ; 173° 59.4241 W) pour un dîner à l’auberge « La Paella » pour déguster une paella. Oui oui aux Tongas !

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C’est Vahini qui est en charge de contacter l’auberge par VHF pour réserver …. espérons qu’ils ne trouveront pas porte close ! Ils sont allés faire une petit tour en ville, ils devraient nous ramener des œufs et du poulet. Nous mouillons dans la baie a proximité de l’île de Tapana. Enfin, Vahini arrive en fin d’après-midi et nous confirment que c’est bon pour le dîner. Ils ont eu un interlocuteur qui parlait mi espagnol-mi anglais. Au menu : tapas et paella ; il faut amener sa boisson. Le soir, nous accostons sur la petite plage en bas de « l’auberge », et gravissons à la lueur de nos frontales le sentier qui y mène. Nous y sommes accueillis par Maria et Eduardo, ainsi que William, un tongien cuistot et serveur. Maria, la soixantaine, petite et brune, est andalouse ; elle porte un filet noir sur ses cheveux et parle assez bien le français. Eduardo, probablement un peu plus âgé, a le look Robinson Crusoé (cheveux longs, longue barbe et chemise tongienne); il est plus timide, il est de San Sebastian, il baragouine un anglais très hispanisant, c’est le musicien du lieu. Ils sont arrivés ici en voilier, il y a presque 30 ans et y sont toujours. Nous sommes les seuls 5 clients de la soirée. Charlie est aux anges, il peut gambader et courir de tout son saoul à travers la salle ; il y a aussi un jembe et des bongos sur lesquels il peut taper. Le lieu est sympathique, bien décorée, ouvert au vent, avec des affiches de corridas. La table est joliment dressée. On s’y croirait !

Après quelques verres de vin en guise d’apéro, la farandole des tapas nous est servie par William : boulettes au fromage, gaspacho, pruneaux au bacon, boules de pâtes chinoises frites fourrées au saumon, petits pâtés de crevettes, etc. Le tout est succulent, joliment présenté. Cela fait bien longtemps que, tous, nous n’avons pas dégusté une cuisine aussi inventive et raffinée. Nous sommes abasourdis surtout pratiquant la disponibilité limitée des produits aux Tongas. Nous sommes déjà presque rassasiés alors qu’arrive la poêle avec une énorme paella, grassement garnie. Un vrai délice. Ne croyez pas que nos critères d’évaluation soient devenus plus indulgents après 6 mois de cuisine kiwis et presque 8 mois de cuisine à bord. Non, non, nos papilles sont toujours aussi affûtées. Cette paella était divine !! Nous en avons tous repris 2 fois, et certains gourmands trois fois ! Et pour conclure, un petit fondant au chocolat, delicioso.

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Contentés, le sourire béat, nous avons vu Eduardo débarquer avec dans une main une bière et dans l’autre sa guitare. D’un voie rauque et éraillée, tout dévoué à sa musique, il nous a joué et chanté des bossa-nova brésiliennes, et notamment un blues incroyables. Il a mis le feu à la salle surchauffée, dont au moins la moitié s’est mise à danser. A la fin de la bière, descendue par goulée entre chaque morceaux, il nous salua provoquant une standing ovation du public tout entier ! Nous réussîmes à le faire venir à la table, lui offrant un verre de vin (enfin celui que nous avions réussi à sauver), et il nous a conté son amour pour la musique, ses aventures de voile, toujours moitié en anglais moitié en espagnol. Encore un régal. Il a bien fallu s’en aller pour libérer nos hôtes. Mais si vous passez par là, on vous recommande l’adresse : l’auberge « La Paella », île de Tapana, archipel des Vava’u, Tongas.

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La pluie aidant, nous demeurons un jour de plus dans cette baie. École, tentative vaine de pêche aux calamars qui nous narguent sous notre coque, cuisine.

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Le lendemain nous nous décidons à aller jeter un coup d’œil aux îlots de l’est avant notre départ pour les Fidjis. Nous avons dorénavant des délais puisque Mister Laugier Senior nous y rejoindra le 15/08. Après avoir serpenté au milieu des récifs, nous mouillons face à l’îlot de Olo’ua (18°40,1664 S ; 173°57,4317 W) et son petit village tongien. Ophélie et Charlie vont faire un tour sur la grève et jouer avec les enfants du village pendant que le capt’ain bouquine. A 5 heures du matin, il fait nuit noire et nous sommes réveillés par le tintement très sonore d’une cloche dans le village. Nous ne savons que penser : s’agit-il d’un signal d’alerte au feu ou encore au tsunami ? Aux aguets sur le pont et scrutant le village aux jumelles, nous n’y constatons pas plus d’agitation que ça. Cette sonnerie se répétera encore deux fois à un quart d’heure d’intervalle. Charlie n’a pas bronché. Après nous être rendormis, nous en avons conclu qu’il s’agissait d’un village très pieux et simplement de l’appel aux Mâtines.

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Le lendemain, retour vers Tapana pour faire un dernier bisou à Vahini. Nous dînerons à leur bord d’un merveilleux gigot d’agneau accompagné de haricots verts fins. Heureux ceux qui possèdent un congélateur à bord ! Le tout arrosé de champagne et pour conclure une mousse au chocolat et un gâteau aux fraises (en boite!) concoctés par Keops. Les repas sont sacrés en croisière ! Le jour suivant est gris et pleuviotant, nous restons sur place ; Thierry en profite pour plonger sous le bateau afin de changer les anodes d’arbre et d’hélice qui se sont bien rapidement et anormalement rongées, caler le couteau de dérive et nettoyer la coque. L’abrasion excessive des anodes laisse supposer des fuites électriques sur l’arbre. Nous passons l’après-midi avec l’expertise de Claude à revoir tout le circuit électrique et finissons par identifier une malfaçon au montage du moteur : notre mécano avait oublié de retirer la connexion usine électrique entre l’alternateur et le démarreur ! C’est aussi l’occasion pour changer le distributeur de charge (nous en avions un de rechange!). Par ailleurs, suite à un niveau d’huile anormalement bas dans l’inverseur, Claude constate que l’échangeur de l’inverseur n’a pas été branché sur le circuit d’eau de mer. Nous n’avons pas les bonnes durites pour installer ça, cela fera un peu de bricolage en arrivant aux Fidjis ! Youpi ! Vive la plaisance !

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Ça y est, nos pérégrinations tongiennes touchent à leur fin. Nous y avons divagué pendant 2 mois au gré des nos envies, des îles et îlots paradisiaques, des baleines, faisant le plein d’images et de souvenirs. Avant la traversée pour les Fidjis (4-5 jours pour atteindre le port d’entrée), nous demeurons 3 jours mouillés en face de Neïafu afin de faire le ravitaillement en diesel, eau, gaz et victuailles, remplir et envoyer la paperasse pour notre arrivée aux Fidjis, préparer le bateau et bien évidemment profiter encore et encore des restaurants et se régaler de glaces. Surtout Charlie !

A l’instar de la précédente traversée, nous alimenterons un bref journal de bord quotidien (position, humeur, etc.) sur notre blog de traversée : http://blog.mailasail.com/keops. See you in Fijis !

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