Premières baleines aux Ha’Paï

A Ha’Afeva, le vent est enfin tombé, le soleil éclatant, l’océan d’huile Après une exquise baignade dans les eaux chaudes et turquoises, où nous observons avec Charlie les poissons du récif, une raie et des étoiles de mer bleu roi, nous prenons la mer au moteur pour Pangaï sur l’île de Lifuka.

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Cette traversée est paradisiaque. Pour commencer nous avons une touche à la traîne et cette fois-ci nous remontons, à bon port, une belle coryphène (mahi mahi) aux couleurs bleus-dorés. Nous la dégusterons les 4 jours suivants, en partageant aussi avec des voisins de mouillage.

P1130710Quelques minutes plus tard, nous apercevons un énorme splash, puis deux, à quelques centaines de mètres. BALEINES !!! Elles réitèrent leurs sauts, impressionnants. Nous nous rapprochons lentement et constatons qu’elles sont escortées par un petit troupeau de dauphin. Elles sondent puis réapparaissent, nous conservons la distance de mise. A un moment, elles sondent et disparaissent plusieurs minutes quand soudainement un souffle puissant à quelques mètres du bateau nous fait sursauter. Elles ont refait surface juste à côté de nous, les curieuses ! Grand frisson.

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Ce sont, nous l’espérons, les premières d’une longue série, car les Tongas sont réputées pour offrir les meilleures interactions au monde avec les baleines à bosse. De juillet à octobre, ces gracieuses des mers migrent des eaux froides de l’Antarctique aux eaux chaudes et abritées de l’archipel de Vava’u pour se reproduire et mettre bas. C’est donc le début de la « saison des baleines ». Pas facile de les photographier, notre photographe a toujours un temps de retard… On essaiera de faire mieux la prochaine fois. Nous arrivons à Pangaï (19° 48.082 S ; 174° 21.361 W) en début d’après midi où nous retrouvons Vahini. Mouillage tranquille, nuit paisible.

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Le lendemain, nous allons à terre avec l’espoir de revenir l’annexe chargée de vivres, et notamment de fruits et légumes. Nous sommes un peu dépités en arrivant au marché, où deux marchandes se battent en duel avec quelques bananes, concombres et 3 papayes. Nous sympathisons avec l’une des dames, elle nous apprend quelques mots en tongien. Elle porte le ta’ovala, l’un des vêtements traditionnels des Tongas constitué d’une natte confectionnée par les femmes à partir de feuilles de pandanus, enroulée autour de la taille et retenue par une kafa. Il peut être porté par les hommes comme par les femmes sur une jupe longue et droite noire. C’est l’uniforme des fonctionnaires et des enfants à l’école.

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Petit tour du village, du ministère de la justice, de la bibliothèque municipale (cf. photos) et des épiceries du coin, évidemment toutes chinoises. Nous y trouvons le minimum pour ravitailler, notamment : 2 kg d’édam congelé, du bacon « 99 % de gras et 1 % de viande » … congelé, des pommes de NZ, des œufs, etc. Petit tour aux douanes, il faut faire une « entrée et « une sortie » interne à chaque archipel. Quatre employées occupent le bureau. Effervescence habituelle (sic!) mais cool! Ensuite, nous déjeunons, avec Claude et Marie-Pierre, au seul resto-bar du village tenu par Magda, une polonaise mariée à un tongien. Elle fait elle-même son pain, sa pâte à pizza et son jambon. C’est bon, simple et il y a même de la glace à la vanille pour le dessert de Charlie.

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Sur le chemin du retour, allant récupérer notre annexe, le phénomène des marées se révèle à nous. Ah ! Les marins d’eau douce ! La mer est descendue et notre annexe est suspendue à un bon mètre au dessus du niveau de la mer. Force est de constater que nous avons quand même un peu de métier, les bouts avant et arrière étaient bien équilibrés, et elle pend parfaitement à l’horizontale le long du quai ! La stupeur nous a fait oublier de prendre une photo. Le soir, Claude et Marie-Pierre viennent dîner sur Keops : champagne, mahi-mahi, salade de papaye, potimaron sauté, gâteau au chocolat avec chantilly ! Ce sera le début d’une longue série gastronomique et de sacrées corvées de vaisselle !

Après une bonne nuit, un second petit tour des épiciers au village, un second déjeuner chez Magda, une panne de hors-bord d’annexe, un retour à la rame (0,5 mille), nous filons à 6 milles a sud de là et mouillons à l’île de Uoleva (19° 50.9927 S ; 174° 25.0159 W) dans des eaux turquoises et face à une plage sans fin.

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Nous en profiterons après avoir passé une grosse demi-journée, avec l’aide éclairée de Claude, à tenter de réparer le HB d’annexe : vérification de toutes les durites et filtres à essence, démontage et nettoyage du carburateur, idem pour la pompe d’essence. En fin de compte, Thierry a fini par trouver une bougie neuve et le HB s’est mis à tourner rond ; les mécanos ont alors cessé de tourner en rond. Nous en profitons pour faire une petite visite au lodge qui se trouve sur l’île pour mettre à jour le blog, récupérer nos mails et boire un mauvais café. Nous y croisons des compagnons de route déjà rencontrés soit à Opua en NZ soit ici sur quelques mouillages.

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Suite à ces échanges, il semble que le lendemain, samedi, le marché sera plus étoffé qu’à l’accoutumée à Pangaï et que ce sera l’occasion de faire le plein de fruits et légumes. Mais attention, il faut y être tôt, tout se passe entre 7H00 et 9H00 nous dit-on ! Qu’ à cela ne tienne ! Nous levons donc l’ancre dans l’après-midi comme les 2 ou 3 autres voiliers afin d’être sur place dès potron-minet. Vahini suivra quelques minutes plus tard. Sur le chemin, sous génois à 4-5 nœuds, nous apercevons sur bâbord à l’horizon d’énormes panaches de fumée noire. A la jumelle, nous ne discernons ni île, ni bateau ; c’est bien lointain. Puis, ces panaches de fumée noire deviennent blancs et nous apercevons d’énormes gerbes d’eau telles des geysers, de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. C’est probablement une éruption sous marine, la zone étant toujours très active. Il y a d’ailleurs un volcan encore actif à moins de 30 milles. Le capitaine, toujours soucieux de la sécurité, scrutera l’horizon pour s’assurer qu’aucun tsunami de vienne nous faire tanguer.

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Une petite dizaine de bateaux est mouillée devant Pangaï : demain c’est jour de marché ! Nous mettons le réveil à 6H30. En vain, car le ferry inter-îles, nous tire du lit vers 5H00 en nous rasant de près. C’est bon signe, c’est la marchandise qui arrive. 7H30 du matin, nous sommes sur place tout fringants. Mais rien de plus qu’a l’ordinaire si ce n’est des feuilles de taro (« brède songe » à la réunion), les deux mêmes marchandes sont là avec leurs bananes, leurs concombres, et même plus de papayes !

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Nous achetons des pommes chez nos commerçants chinois préférés, ce sera l’occasion pour Charlie et Ophélie de nous préparer une savoureuse tarte tatin ! Nous profitons aussi d’avoir du réseau téléphonique pour skyper avec les différents membres de la famille.

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Nous décidons de quitter les Hapaï et faire route vers l’archipel des Vava’u. Nous quittons Pangaï dans la matinée pour aller mouiller à Ha’Ano (19° 40.2888 S ; 174° 17.3791 W), l’île la plus septentrionale de l’archipel, pour un départ en début de soirée et une traversée de nuit. Le mouillage est magnifique et nous en profitons bien. Après avoir couché Charlie, nous levons l’ ancre pour les Vava’u que nous atteindrons normalement à l’aube.

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10 réflexions sur “Premières baleines aux Ha’Paï

  1. Bravo pour les coryphées….le métier rentre. Petite astuce: quand vous en prenez une, accrochez la à un hameçon et laisser la naviguer à la traîne prés du bateau m.); toutes les autres vont venir nager prés d’elle et il n’y a plus qu’a pécher normalement pour en prendre autant qu’on veut. Cela permet de ne garder que les filets dorsaux.
    Profitez de tout et une caresse aux baleines de ma part.
    Bises A&M

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  2. Toujours autant de plaisir à suivre votre périple .. une belle invitation au voyage… vos photos sont magnifiques .. et les baleines si proches .. Envie de vous rejoindre à chaque nouveau post.. ça me fait le même effet que ce poème de Cendras que j’aime tant :
    Îles

    Îles

    Îles

    Îles où l’on ne prendra jamais terre

    Îles où l’on ne descendra jamais

    Îles couvertes de végétations

    Îles tapies comme des jaguars

    Îles muettes

    Îles immobiles

    Îles inoubliables et sans nom

    Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais bien aller jusqu’à vous

    Blaise CENDRARS,

    Feuilles de route (1924)

    Bises

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    1. Hello Claudie, merci pour ce beau poème. Vous allez découvrir une île sublime cet été! Et quand je pense à la Réunion me vient la mélodie de la chanson de Jacqueline Farreyrol, Mon île:  » Ça sent la banane, la vanille et le cumin. Le sucre de canne, la mangue et le tamarin »! La biz a ou.

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  3. Merci pour ces magnifiques moments partagés depuis l’autre bout du monde !! Le pêcheur a plus de chance dans les eaux tongaises 👍. On vous envoie des bises sétoises, en ce début d’invasion touristique. Valérie

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    1. Coucou Valou, et merci pour ton message. Nous vous souhaitons un magnifique été sous le soleil de Sète. Nous sommes sous la grisaille aux Tongas, et les prévisions pour les 10 jours à venir ne sont pas enthousiasmantes, mais l’eau est bonne. On pense très très souvent à vous car Charlie est plus que jamais fan de Mouk, lecture avant la sieste et la nuit, on connait les répliques par cœur, et on fini par avoir espoir qu’il en choisisse un autre!!! Encore merci pour ce cadeau et belle découverte. Plein de biz

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    1. Et oui! quand on a plus que des conserves à manger, on apprécie du poisson frais! Du coup, toute la famille est motivée pour pêcher.
      Espérons que cela s’inscrive dans la durée et que l’on puisse vous inviter à notre retour à déguster du poisson frais sur Kéops.
      Plein de bises

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  4. Coucou, bien contente d’avoir fait votre connaissance a tous les trois et de vous retrouver sur votre site! Nous sommes bien arrives a Fiji apres une bonne navigation bien venteuse mais rapide!!!! Des bisous sales et du vent plein vos reves, ana for EloJoHa (Bonjour la Joie)

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    1. Boula les tourdumondistes, Merci pour ton message Ana! Ravie de vous savoir aux Fidji après une rapide traversée. Nous sommes également ravis d’avoir croisé votre chemin, et suivrons votre périple à travers votre blog. Kéops nous a semblé bien petit après un passage chez vous!
      Nous cheminons toujours avec Vahini aux Vava’U. Les îlots sont paradisiaques, mouillages paisibles et eaux délicieuses. Bref, plaisance plaisir, comme on l’aime. Des bises à tous les 5 et bon séjour Fidjien. Ophélie

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